J’ai testé… une fête des Métallos

Chroniques, Enfants, Spectacles

Samedi 31 mai, le soleil brille sur Paris, c’est samedi, que faire des petits ? La Maison des Métallos, bâtiment industriel historique sis dans le 11ème arrondissement, et désormais établissement culturel public, organisait hier l’une de ses « fêtes » thématisées. Dédié aux familles, cet après-midi placé sous le signe des bulles – sous toutes leurs formes – fut une occasion joyeuse et conviviale de faire découvrir aux plus jeunes la magie du spectacle et le plaisir des ateliers manuels.

J’ai découvert l’existence de cet événement il y a deux semaines en ouvrant le dernier e-mailing de la Maison des Métallos. C’est donc avec curiosité que j’y ai accompagné mon participant de 2 ans 3/4.

16h00. Arrivés aux abords de l’entrée, difficile d’échapper à l’animation du lieu, puisque de nombreuses bulles de savon colorées s’en échappent, jusque sur le trottoir. Une nuée d’enfants est déjà sur place (le programme commençait à 15h00), leurs parents tranquillement posés en terrasse, ou bien assis sous des casques pour permanente dans l’installation L’amour est dans le casque, ou encore visitant Le Cesan se raconte en images, chouette exposition d’œuvres d’étudiants en BD et illustration.

Dans le hall d’entrée, un jeu Titeuf sur Wii occupe les pré-ados. A l’étage, une effervescence tout aussi ludique se déploie : ateliers coloriage, découpage et collage, diffusion en boucle de courts-métrages d’animation… et, pour les plus grands, une exposition sur les dessins de guerre, en collaboration avec Cartooning for peace – dont Marie a déjà parlé ici. Il y en a pour tous les goûts et tous les âges.

Deux spectacles gratuits pour enfants sont prévus, juste après le goûter, offert lui aussi : gâteaux natures, à l’ananas, ou au chocolat et sirops à l’eau pour tous (en partenariat avec la Fondation Jeunesse Feu Vert / Orillon, association d’aide aux jeunes et familles en difficultés). Mon jeune compagnon se régale.

A 17h00, nous assistons au spectacle Qui a mangé ma pomme, pour les moins de 3 ans. Dans une petite salle éclairée par la lumière du jour, une comédienne (de la Compagnie La Sensible) seule en scène part à la recherche du coquin qui a croqué sa pomme, tout en chantant trois ou quatre comptines reprises en chœur par les enfants. Un théâtre d’objets et de mimiques visiblement très rigolo pour la cible visée. Les enfants rient, crient et chantent avec entrain (il faut même les recadrer un peu car certains veulent attraper les éléments du paravent-décor) : public conquis.

En sortant, je réalise que nous pouvons assister au deuxième spectacle, L’Embarcadère, de l’association Bulles Zik, celui-ci destiné aux plus de 3 ans. Nous voici partis pour une aventure très différente mais plutôt poétique. Dans une autre salle, cette fois-ci obscure, un duo nous attend : un jeune homme devant un piano et une jeune femme devant un Mac. Entre eux, un écran sur lequel vont défiler, durant 30 minutes, plusieurs images, agrémentées de dessins complémentaires réalisés « en live », au fur et à mesure du déroulement de l’histoire. L’intrigue est sympathique, les deux artistes s’en sortent très bien, qui à la musique, qui au dessin et à la narration, tout en essayant de faire participer le jeune public ; mais ce qui retient surtout l’attention, c’est la qualité apportée au graphisme. Tout en noir et blanc (traits blancs sur fond noir), avec des trouvailles, notamment sur les aspects de lumière et de perspectives, intéressantes. On pense bien sûr aux concerts de dessins, comme ceux pratiqués au Festival d’Angoulême. Seul petit bémol, on voit parfois les caches Photoshop, lorsque l’illustratrice ajoute ses éléments. Néanmoins, personnellement, j’ai beaucoup aimé. C’est, pour une première création, plutôt prometteur ! Malgré l’aspect parfois austère du dessin en bichromie, certaines illustrations étaient vraiment très belles (la forêt, les fonds marins), pas loin de la gravure, et mon jeune accompagnateur semble avoir apprécié. Je ne sais pas trop ce qu’il aura retenu de l’histoire, en revanche.

Au final, une très agréable découverte que cette Fête des Bulles. Une animation de quartier de qualité, sociale, socialisante, qui permet aux enfants, quelle que soit leur condition, de s’ouvrir en toute simplicité à la culture et découvrir l’émotion du spectacle vivant dès le plus jeune âge. Tout ça pour zéro euro.

Prochaine fête : le 4 juillet ! Parents, à vos agendas !

Pour en savoir plus :

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Céline

Co-fondatrice du blog, webmaster.

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