« When I’m Free », le nouvel album d’Ane Brun : plénitude et beauté

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Aujourd’hui, 4 septembre, sort le sixième album studio d’Ane Brun, auteure-compositrice norvégienne établie en Suède, dont nous sommes deux fans transies. Voilà deux jours que je vis avec When I’m Free collé aux oreilles, totalement immergée dans l’univers d’Ane, ni tout à fait le même ni tout à fait un autre. Je la suis depuis six ans avec un émerveillement qui ne se dément pas. Chacun de ses albums me transporte et plus encore lorsqu’elle les incarne avec intensité sur scène, comme nous vous l’avions raconté ici. Ce nouvel album est tellement beau que ça en fait presque mal.

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Ane Brun, sous ses dehors de songwriter proprette, c’est en réalité le feu sous la glace ; feu qui, peu à peu, envahit ses productions de son incandescence, sa chaleur.

Délicate et subtile, sa musique – folk acoustique relativement dépouillée à ses débuts -, s’est peu à peu étoffée, s’enhardissant dans des sons plus pop, voire électro, des rythmiques plus marquées. Une évolution déjà remarquée lors de ses concerts, dans les arrangements toujours renouvelés qu’elle propose, et surtout dans son précédent opus, It All Starts With One, qui osait avec succès une certaine forme de lyrisme et flamboyance. When I’m Free suit cette voie, avec une maîtrise qui laisse pantois.

When I’m Free, « probablement plus ardent et extraverti que toutes mes précédentes œuvres » selon les propres dires de l’artiste (et comme en témoigne la pochette néo-kitch style Pierre & Gilles d’Aida Chehrehgosha), risque de surprendre les adeptes du combo guitare-voix à la Joni Mitchell ou Nick Drake, ses premières influences. Dans ce magnifique album, son plus riche à ce jour selon moi, Ane Brun expérimente avec un talent rare différents styles, différents instruments, différentes atmosphères, entre lyrisme suspendu, basses et percussions musclées et réminiscences katebushiennes…

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Le bouleversant « Undertow », qui clôturait de façon épique It All Starts With One nous avait laissées toute chancelantes sur le rivage. Le morceau d’ouverture de When I’m Free, « Hanging », sublime, qui évoque « le moment qui précède la décision de quitter quelqu’un, quand on sait qu’une relation est vouée à l’échec sans pouvoir encore l’accepter », en semble la suite logique : puissant, aérien, nappé de piano, le refrain qui suit la phrase « break free from gravity » nous emmène haut, très haut – de l’eau à l’éther. Les premiers pas vers une liberté autour de laquelle tourne tout l’album ; son titre est d’ailleurs tiré de l’autre chef d’oeuvre du disque : « Still Waters », aux sonorités soul. 5:25 de beauté et d’émotion déchirantes durant laquelle de la voix de la chanteuse, au meilleur de sa forme, nous enveloppe de sa douceur mélancolique. « Still Waters » me donne tellement la chair de poule qu’il est fort probable que les larmes me viennent si elle l’interprète en concert. Troisième grand moment : « Signing Off », une ballade sobre et apaisée à la guitare électrique légèrement bluesy qui, comme l’indique son titre, termine cet album parfait.

Parfait, oui. Car si ces trois morceaux sont, à l’heure où j’écris et à titre purement subjectifs, mes préférés, tous les autres sont des réussites, de très beaux moments musicaux et « sensoriels » – car, pour moi, Ane Brun réussit ce tour de force de m’évoquer, au-delà des émotions, des sensations très physiques comme si je ressentais la lumière, l’eau, l’air, l’état de flottement… Du trip hop free-jazzy du déroutant « Directions » (que j’ai mis du temps à apprivoiser) (le clip est génial, cousin éloigné du « Wuthering Heights » de Kate Bush) aux ballades « Miss You More » (Jennie Abrahamson fera-t-elle partie des choeurs en live ?), « All We Want Is Love », touchant comme tout, ou encore « Better Than This », en passant par le massif et entêtant « Shape of a heart »… Tout l’album s’écoute d’une traite, ce qui est rare.

Avec When I’m Free, Ane Brun se donne, paraît casser une carapace de pudeur qui pouvait auparavant paraître un peu lisse (il suffisait néanmoins de la voir sur scène pour comprendre qu’il n’en était rien). When I’m Free fait suite à une longue période de maladie et alitement dont la jeune femme est ressortie métamorphosée, sereine : un album lumineux, vibrant, plein d’espérance, plus vivant que jamais, à écouter absolument. Et une artiste mûrissant de plus en plus en belle, à voir et surtout entendre en concert au moins une fois dans sa vie.

Ane Brun – When I’m Free : en écoute sur Spotify
01 Hanging
02 Black Notebook
03 You Lit My Fire
04 Directions
05 Shape Of A Heart
06 Miss You More
07 All We Want Is Love
08 Still Waters
09 Better Than This
10 Signing Off
2015 – Balloon Rangers Recordings AB

Pour en savoir plus :

  • Ane Brun officiel
  • Concerts en France : 18 novembre – Paris, Alhambra ; 22 novembre – Strasbourg, Laiterie ; 24 novembre – Bordeaux, Rocher de Palmer ; 25 novembre – Lyon, Épicerie Moderne (Feyzin)…

 ★

CONCOURS
 Gagnez des CD d’Ane Brun !

Pour fêter la sortie de ce nouvel album et le « Directions Tour » à venir, nous offrons (merci Almost Musique) un double album d’Ane Brun à 5 d’entre vous : 2 best of (Songs 2003-2013) et 3 « Rarities » sont à remporter. Et on peut vous dire qu’ils en valent la peine !

Ce concours est clos.

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Céline

Co-fondatrice du blog, webmaster.

5 commentaires

  • Coucou, merci pour cette découverte, je ne connaissais pas. Et bien donc ça me dirait bien d’en découvrir un peu plus sur cette artiste 🙂
    J’ai beaucoup apprécié le clip de la chanson « directions » : l’endroit, le cadrage, l’effet d’ombre, la performance de l’artiste.
    Suis candidate pour le tirage au sort !
    Bises aux auteurs et bonne continuation.
    Cel spil.

  • J’ai connu Ane Brun via son album Rarities avec son single « All my tears » ou encore sa reprise de « Halo ». Un réel coup de foudre pour cette femme à la voix fragile, et un timbre si unique.

    Je n’ai pas encore eu le privilège d’écouter son dernier album mais je me suis jeté sur les places pour son concert à l’Alhambra à Paris. Je la suis sur les réseaux sociaux, on sent son attache particulière qu’elle porte à ses fans, et elle mérite totalement son public.

    J’aime cette artiste pour ce qu’elle m’apporte dès que j’ose appuyer sur le bouton « play », j’aime vraiment tout chez elle.

    Alors c’est avec plaisir que je participe à ce jeu concours, en espérant réécouter Rarities en version CD ou encore son best of qui me fera je n’en doute pas, découvrir encore des dizaines de jolis morceaux.

    Merci pour votre générosité 😉
    Alix.

  • Hello ! Pour le moment après quelques premières écoutes plus ou moins attentives je ne retrouve pas dans l’album les sons et notamment les « tensions » musicales auxquelles elle nous a habitués .. celles que l’on retrouve typiquement dans « To let myself go » ou « The Treehouse song », « The fall » et d’autres..
    Je reviendrai peut-être faire amende honorable de mon ressenti modéré après quelques écoutes supplémentaires ! 🙂

    Mais quoiqu’il en soit Ane Brun on t’adore ! Vivement le concert !!

  • I’m far from disappointed! For an artist’s SIXTH album, I honestly thought it couldn’t get any better but I’ve already thoroughly enjoyed listening three times through non-stop. Ane Brun manages to create this wonderful feeling in the air, a sort of ‘magic’ on an inspiring journey. I’m looking forward to seeing this incredibly talented artist again in concert soon to celebrate my ‘album of the year’, as I’m going to call it now! 🙂

  • Hallo! Il faut que je vous avoue que je ne connais pas du tout Ane Brun, mais comme je fais entièrement confiance au bon goût des deux filles qui tiennent ce blog, ce serait un immense plaisir de découvrir cette artiste! En plus j’aime bien tout ce qui est scandinave (voilà pour le cliché…). Takk!

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?