5 décembre 2022
Pacifiction - Tourment sur les Îles

« Pacifiction – Tourment sur les Îles »

Il y a quelques jours, la ville de Marseille a accueilli la 33e édition du FID (ancien Festival International du Documentaire, devenu Festival International de Cinéma de Marseille). Certains ont vu plus de 20 films (je ne citerai pas de nom), je n’en ai vu qu’un, Pacifiction, le tout dernier film du réalisateur espagnol Albert Serra, présenté quelques semaines auparavant à Cannes.

Dans une Polynésie lointaine, Albert Serra nous fait découvrir un monde traversé d’une bienséance politique poisseuse, de souhaits colériques de droits et d’égalité, de corps scrutés en quête de liberté, et de relations mensongères.

On y retrouve un Benoît Magimel lourd, laborieux, dans son parfait costume blanc colonial en digne représentant de l’État… Les discussions, les attitudes, les répliques, tout sonne faux, et c’est bien ça la réussite de Pacifiction : une hypocrisie, des détours, des sourires forcés qui ne sont finalement que le reflet fidèle d’une île sous tension.

Et à côté de Magimel, des individus qui vont et viennent, des intrigues dont on attrape des bribes, quelques dialogues, quelques regards, dans lesquels on sent que l’histoire se joue, sans en comprendre totalement les contours. Un peu comme Magimel d’ailleurs, qui, en bon Haut-commissaire, tente de garder une forme de dignité et de maîtrise, tout en étant finalement un peu paumé.

Un film qui colle à la peau, avec toute la moiteur qu’on imagine et qu’on voit luire sur les peaux des Tahitiens et des autres. Et dans ce film, une figure solaire, Shana (Paoha Mahagafanau), toujours douce, toujours belle, elle apporte de l’air, de la lumière, et peut-être aussi un peu d’espoir.

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Marie

J'aime prendre le train, lire et marcher en même temps, manger des gâteaux chinois au soja achetés dans un magasin douteux de Belleville, cueillir des mûres, lire des histoires de princesse à mes princesses, lire des histoires de prince à mon prince, zoner dans les boutiques de musée, dénicher des aimants de frigos ringards à la fin des voyages, écouter Glenn Gould et Nigel Kennedy, faire du vélo en jupe avec le vent de face…

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