13 avril 2024
Little Rock Story © Céline LMEN

« Little Rock Story » : une brève histoire du rock pour toute la famille

Résumer 75 ans de rock en 75 minutes, il fallait oser. Défi réussi pour ce spectacle familial ! Little Rock Story emporte dans un même élan réjouissant toutes les générations, sur les riffs de guitare les plus mythiques. Un super premier concert de rock idéal pour les enfants, qui plaira tout autant aux parents et grands-parents !

Pour aller vite, on pourrait dire que le rock est l’enfant du blues et de (l’essor de) l’électricité. D’un côté, un chant africain américain mélancolique né dans les champs de coton. De l’autre, une forme d’énergie, distribuée à grande échelle, favorisant l’industrialisation. De cette parentalité contrastée ne pouvait jaillir qu’une musique solide (« rock » = roche, rocher), vigoureuse (« to rock » = balancer, secouer), potentiellement contestatrice et forcément populaire. C’est donc l’histoire de ce genre musical – et quelques uns de ses sous-genres – qu’ambitionne de nous raconter Little Rock Story.

J’avoue que j’étais un peu sceptique. D’une part, je n’ai jamais été attirée par les concerts « tribute » (Queen sans Freddy Mercury ? No way!). D’autre part, comment synthétiser sérieusement 3/4 de siècle de groupes et chanteur·euse·s iconiques en 1h15 ? Comment rendre compte des 150 nuances de rock, du rockabilly à l’emo en passant par le progressif, le punk, la new wave, la britpop, etc. ?

Bien évidemment, le spectacle n’a pas cette prétention et son ton bon enfant l’annonce d’emblée. Il s’agit avant tout d’une chouette initiation pour les jeunes et moins jeunes oreilles, sous la forme originale d’un concert-conférence. Un personnage généré par la Fée Électricité, Robertson, double du chanteur, permet ainsi d’appréhender l’évolution du genre à travers des explications et des changements de tenues emblématiques selon les époques.

La mise en scène maintient un rythme plaisant pour rendre avant tout hommage à la musique. Les extraits de morceaux archi connus et représentatifs d’un style s’enchaînent globalement dans l’ordre chronologique, depuis Robert Johnson puis les 50’s avec Elvis et Chuck Berry jusqu’aux 2010’s avec Bruno Mars, en passant par quelques figures de proue (Hendrix, Led Zep, The Clash, Prince, Metallica…). Parfois, ils sont plutôt regroupés de façon thématique. Ici, un sympathique duel de riffs de guitares électriques (« Stairway to Heaven », « Billy Jean », « Are you gonna go my way »…). Un peu plus tard, un panorama rapide de différents métissages : reggae (« Walkin’ on the moon »), new wave (« Enola Gay ») ou électro plus contemporain (« Da Funk »)…

On regrettera de n’entendre parfois que quelques accords (Nirvana, snif). On déplore gentiment, histoire de chipoter, l’absence de solos incontournables (« Hotel California », « November Rain », « Freebird »…) Et où sont Les Doors, Pink Floyd, où sont les feeeeemmes ? Chacun aura probablement une petite attente personnelle déçue. C’est bien normal quand on s’éclate et qu’on attend ses chouchous. Mais peu importe : quel régal d’avoir ouvert une porte d’entrée, avec la crème de la crème, sur ce vaste univers qu’il ne tient qu’à nous par la suite d’explorer. Et puis c’est intéressant de noter l’évolution de la « couleur » musicale, au départ plutôt légère et joyeuse avec le rock’n’roll, pour devenir plus sombre, rageuse, violente avec le métal, le rap metal.

À voir le plaisir des quatre musiciens sur scène, on se doute que la sélection a dû être drastique, voire douloureuse. Les morceaux qu’ils ont retenus, ils les jouent avec le cœur et un entrain communicatif qui nous montre à quel point la musique populaire peut naturellement nous rassembler. Ce bonheur d’entendre petits et grands reprendre « Seven Nation Army » ! Le chanteur, Claude Whipple (également concepteur du spectacle) a une voix assez versatile pour assurer proprement des reprises très différentes. Les trois autres musiciens ne sont pas en reste et chacun a sa minute de gloire : le batteur est en forme, le bassiste plus en retrait mais comiquement mis en « lumi-(h)air » lors du passage métalleux, et le pianiste/second guitariste m’a personnellement impressionnée par sa maîtrise des deux instruments. Ajoutons à cela un beau son au 13ème Art, parfaitement calibré pour les jeunes oreilles, et un jeu de lumières étudié. Tout est d’excellente tenue et personne ne pourra s’empêcher de hocher la tête, battre du pied, taper des mains et chanter bien sûr.

Mon fils de 11 ans pensait ne pas aimer le rock, il a changé d’avis grâce à ce best of ! Depuis, nous écoutons les classiques avec les doigts qui nous démangent devant nos guitares.

Profitez donc de ces vacances pour emmener vos bambins ou ados découvrir cette musique ô combien énergique et fédératrice, particulièrement en live. Le rock, c’est fait pour être vécu, il faut se sentir traversé par cette énergie, cette puissance, dans lesquelles sont concentrées tant d’émotions essentielles : la joie, la colère, l’indignation, la rébellion, la fraternité, l’amour. Le rock, avant le pogo ou le braveheart, c’est le vivre et le vibrer ensemble. Merci à Little Rock Story de nous le rappeler et le faire découvrir à nos enfants !

Pour en savoir plus :

Céline

J'aime bidouiller sur l’ordinateur, m’extasier pour un rien, écrire des lettres et des cartes postales, manger du gras et des patates, commencer des régimes, dormir en réunion, faire le ménache, pique-niquer, organiser des soirées ou des sorties « gruppiert », perdre mon temps sur Facebook et mon argent sur leboncoin.fr, ranger mes livres selon un ordre précis, pianoter/gratouiller/chantonner, courir, "véloter" dans Paris, nager loin dans la mer…

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