Lucas Santtana au Café de la Danse… ce qu’il faut pour avoir chaud

Musique

Lucas SanttanaOn entendait depuis quelques jours résonner sur les ondes radiophoniques françaises le son chaud et entraînant de Lucas Santtana. Après plusieurs sessions live (France Inter et FIP notamment) et quelques brillantes retombées dans la presse, saluant la sortie de son dernier disque Sobre noites e dias, le quadra brésilien, accompagné de ses deux musiciens, a littéralement enflammé le Café de la Danse. Et non, on ne dit pas ça parce qu’il vient d’un pays chaud et que ici, à Paris, on est en plein dans le « ouhla ça pique aujourd’hui ». On dit ça parce qu’on ne peut qu’être séduit par ce savant mélange des rythmes, des instruments, des intentions, des machines, et des langues.

A l’occasion des 10 ans de la maison de disques NO FORMAT, le Café de la Danse accueillait pour une seule et unique représentation le chanteur brésilien Lucas Santtana encore confidentiel en France mais qui compte pourtant déjà 6 disques à son actif. Et c’est sans doute ce qui a fait de cette soirée d’initiés une soirée de privilégiés.

Tendrement ouverte par la chanteuse britannique Ilani, dernière découverte en date de NO FORMAT, la soirée n’a été ensuite qu’une progressive montée en température (outre la mienne, qui, rhume oblige, était déjà aux taquets…) Pendant plus d’une heure, Lucas Santtana a donné au public, parisien mais polyglotte, une leçon de musique et de style.

Concert Lucas Santtana, Café de la Danse, 2014 © Carlos Tello pour LMEN
Concert Lucas Santtana, Café de la Danse, 2014 © Carlos Tello pour LMEN

Enchaînant nouveaux et anciens titres, mêlant instruments concrets et visibles avec des boîtiers mystérieux dont émanaient des sons terriblement envoûtants, faisant se succéder déhanchés langoureux et amorces de chorégraphies robotisées, Lucas Santtana a su montrer à quel point il voyait grand et à quel point il puisait son inspiration dans un monde le plus ouvert possible, dans l’histoire et dans la modernité, dans la tradition et dans l’innovation. On ne pouvait moins attendre du fils de Roberto Sant’Ana, ancien producteur de Gilberto Gil et Caetano Veloso… Lucas Santtana se joue des différences et des frontières. Ses rythmes, ses inspirations ont raison de nos résistances et nous emmènent dans un pays imaginaire, celui du mélange absolu, celui de l’absence totale de frontières, joyeusement incarné ce soir-là par ce petit échantillon de public prenant possession de la scène, à l’invitation du chanteur.

Avec un style impeccable et un charisme puissant – d’ailleurs renforcé par ses deux comparses qui affichent un look et une énergie en parfaite cohérence avec le chanteur, Lucas Santtana jongle entre l’anglais, le portugais, et même le français, pour le plus grand plaisir de nos oreilles qui, transies quelques heures avant, pourraient presque danser la bossa nova… On vous encourage donc vivement à partir à la découverte de cet artiste multi-facettes, riche de l’histoire musicale de son pays et résolument tourné vers une modernité tout aussi fascinante. Et tout d’un coup, on a moins froid…


 
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