Tap Dogs : combat de fers et de chiens

Chroniques, Spectacles

Coucou les filles les amis ! Un peu de virilité dans ce monde de douceur, ça vous dirait ? Si vous aimez la testostérone qui dégouline en sueur sur des jeunes gens athlétiques, si les décors industriels ont le chic pour, comme moi, vous exciter au plus haut point, si vous kiffez le style chemise de bûcheron / t-shirt sans manches / jeans déchirés et si vous partagez ma passion pour les claquettes, c’est sûr, vous allez a-do-rer le spectacle des hot Tap Dogs !

Tap Dogs (troupe 2012)

A l’origine de Tap Dogs, il y a Dein Perry, chorégraphe australien, qui a mêlé aux claquettes, apprises dans son jeune âge, son expérience professionnelle du monde industriel. Ses spectacles, et notamment son tableau pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Sydney en 2000, avec 1 300 claquettistes (!), ont largement contribué à moderniser une discipline souvent indissociable des adorables comédies musicales de l’âge d’or hollywoodien. Ici, nous sommes loin de la grâce d’un Fred Astaire, de l’élégance d’une Eleanor Powell ou du charme d’un Gene Kelly. Loin aussi de la virtuosité parfois un peu austère et radicale d’un Savion Glover actuel.

Ici, tout est un peu brut de décoffrage, comme le décor “factory” dans lequel évoluent les six danseurs, comme le physique de ces grands gaillards, bâtis comme des cowboys, comme la musique, un peu datée 90’s mais qui suffit pour mettre en valeur leur immense talent de percussionnistes. Et surtout, tout n’est que pur divertissement grâce à une mise en scène qui, sans écraser les prouesses techniques, sait leur donner une vraie puissance, non seulement sonore, mais visuelle, très jubilatoire. Les numéros, hyper physiques sont dans l’ensemble assez impressionnants : taper tout en dribblant avec un ballon de basket, c’est possible ! Taper tout en maniant le chalumeau, ça ne sert à rien, mais c’est possible aussi ! Taper au plafond, la tête en bas, Fred Astaire nous avait déjà fait le coup grâce aux trucages du cinématographe en son temps, mais le voir en vrai, sur scène, c’est quand même bien plus sympa ! On ne peut s’empêcher de pousser des “oh” et des “ah” d’admiration devant tant d’énergie précise. Entre deux décharges de vitalité phallocratique (il y a bien deux femmes, mais cantonnées aux rôles de batteuses sexy en arrière-plan), le spectacle ménage astucieusement des temps de relâche un peu plus nonchalants (un très beau duo entre un – faux – “novice” et un plus “expérimenté”) et une forme d’humour un peu bourrin qui fera (sou)rire les gens bon public et les enfants, ou les personnes particulièrement de joyeuse humeur (fastoche, le spectacle met en joie) !

Nos six bad boys donnent de leur personne durant un peu plus d’une heure, tapant sur des pans inclinés, sur des barres métalliques, sur des escaliers, dans l’eau. Les rythmiques sont très agréables, privilégiant la musicalité à une virtuosité qui pourrait vite tourner à la soupe aux shoes. C’est convivial, accessible à tous, public familial, amateur de claquettes ou non. J’ai regretté un petit manque de classe de l’ensemble (certes, ce n’est pas le propos, mais le danseur qui mâchouille son chewing gum tout le long du spectacle, c’est pénible) mais c’est tellement coooool que je vous invite sans réserve à aller découvrir ce spectacle (sauf si vous les avez déjà vus car selon mon compagnon de soirée, ravi, le show n’a pas évolué en dix ans !)

Allez-y, emmenez vos amis, vos parents, vos enfants, même vos grands-parents : ça m’étonnerait que la performance les laisse de glace. Aucune intellectualisation, c’est juste du plaisir en barre (de fer) pour tous et l’on ressort avec une furieuse envie de taper le bitume avec une vieille paire de pompes de chantier. C’est confirmé (même si je le savais déjà) : les claquettes, ça claque !

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