« Voices » : Véronic DiCaire, époustouflante chanteuse-imitatrice

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De retour du spectacle Voices de Véronic DiCaire, je ne peux retenir mon enthousiasme et mon admiration. Elle passe encore ce soir (vendredi 10 novembre) au Grand Rex. Si vous aimez les chanteuses pop et de variété, les tubes « mainstream », s’il reste encore des places et que c’est dans votre budget, courez l’applaudir sans hésiter. Véronic, c’est la rolls des imitatrices chanteuses (ou l’inverse), une bête de scène, une déesse à mille voix qui sait tout faire avec une énergie et une élégance rares : imiter, bien sûr, chanter (peut-être mieux que certaines artistes originales !), danser sur des talons vertigineux… Deux heures de show avec des dizaines de stars en une seule : une soirée épatante que j’aurais aimée encore plus longue !

Véronic DiCaire

Je ne sais pas vous, mais les imitateurs, qu’ils soient chanteurs ou non, m’ont toujours fascinée. Pas toujours plu, car on tombe parfois facilement dans la caricature ou la parodie, mais fascinée : cette faculté de moduler sa voix comme on sculpte un objet, de s’imprégner si profondément des intonations, des gestuelles et des mimiques de son modèle qu’on croirait voir l’original.e… c’est à la fois drôle et troublant, pour ne pas dire émouvant – surtout lorsqu’il s’agit de faire revivre des voix aimées aujourd’hui disparues. C’est un art qui ne souffre guère l’à-peu-près. Rien de pire que d’entendre un imitateur et se demander… qui il imite !

Dans cet exercice, j’avais repéré par hasard, il y a quelques mois, en surfant sur YouTube, la Canadienne Véronic DiCaire. J’en avais vaguement entendu parler, mais n’ayant pas la télévision, je n’avais jamais vu ses prestations. Une claque. J’ai visionné de nombreuses vidéos avec une amie également amatrice. Mais ce n’est rien après l’avoir vue et surtout entendue en vrai. Cette femme est une bombe.

Véronic DiCaire "Voices"

Ce Voices est une adaptation pour la France d’un spectacle présenté durant deux ans à Las Vegas, co-produit par Céline Dion, qui prend donc la relève de son mari René Angelil. On sent l’influence du « show à l’américaine » dans la mise en scène très enlevée avec danseuses, musiciens (au nombre de quatre et excellents) et projections vidéos, et le choix des artistes qui fait la part belle aux chanteuses anglo-saxonnes. Mais pour son public français, Véronic DiCaire propose également un grand nombre d’imitations de nos chanteuses tricolores…

Entre ambiance rock et intimiste, elle incarne avec une précision qui laisse… sans voix des chanteuses aussi diverses et différentes que Joan Jett, Blondie, Vanessa Paradis, Beyoncé, Madonna, Britney Spears, Lady Gaga, Véronique Sanson, Sabine Paturel… Au total, des dizaines de voix, quasiment toutes parfaites. Pour ma part, j’ai adoré les restitutions de Niagara, des Rita Mitsouko, de Shakira (un mix de Kermit la grenouille et Peggy la cochonne selon elle), Christina Aguilera, Anggunn, Barbara (très très drôle), Patricia Kaas, Louane, Christine and the Queens – bien que je ne sois pas du tout fan de certaines d’entre elles – et, celle qui m’a mis les larmes aux yeux : Édith Piaf et son « Non, je ne regrette rien ». Grâce à Véronic, j’ai également découvert une magnifique chanson d’Annie Lennox au piano : « Why ». Et même si ce n’était pas la plus réussie, sans doute parce qu’elle n’a pas une voix exceptionnelle et que j’étais trop occupée à chanter avec le public « Désenchantée » pour réellement écouter l’imitation, j’ai quand même eu le grand plaisir d’entendre ma chère Mylène Farmer !

Avec sa tessiture élastique, on sent que Véronic DiCaire aime particulièrement s’emparer des chanteuses dites « à voix », avec une amplitude vocale peu commune : Adele, Lara Fabian, Mariah Carey, Sia, Céline Dion, Whitney Houston… La performance est chaque fois impressionnante, jusque dans la gestuelle. Lara Fabian : moi qui l’ai vue en concert il y a vingt ans, je croyais la revoir ; Mariah Carey : délirante dans une robe boudinante imaginaire. On se demande comment un corps si fin peut renfermer un coffre si puissant. Même si les puristes tatillons pourront noter un infime manque de rondeur/chaleur/profondeur dans l’imitation de Whitney qui clôt le spectacle (et qui reste toutefois absolument remarquable). Ou entendre parfois deux voix dans une seule (France Gall n’était pas tout à fait France Gall selon moi, avec un petit côté Sabine Paturel !)…

Au-delà de ses talents de chanteuse et imitatrice, Véronic, qui a une silhouette zéro défaut, danse super bien : comme Christine and the Queens (génial), comme Mylèèèèèèène, comme Beyoncé, comme Britney, comme Madonna, bref, comme toutes celles qu’elle imite. Perchée sur des talons de 20 cm, elle se déhanche avec une aisance fabuleuse, tout en chantant avec des voix différentes. Vraiment extraordinaire.

La seule chose que je pourrais regretter c’est l’effet d’accumulation presque inévitable d’un tel show. Forcément, la tentation est grande de présenter un grand nombre de voix : de fait, toutes les chansons sont coupées et parfois amputées de bouts de couplets, ce qui est frustrant lorsque l’imitation est excellente. Et il y a des imitations moins intéressantes dont on se passerait : Cœur de Pirate, c’est rigolo, mais est-ce nécessaire ? Toute la partie sur les vieilles chansons de films, qui parle à toutes les générations, pourquoi pas, mais je me sentais assez loin de Nicole Croisille, Jeanne Moreau et Mireille Mathieu. Et certaines autres étaient presque uniquement effleurées. Par ailleurs, plutôt que de chanter les chansons originales, un peu plus d’audace, comme le passage très drôle avec la sœur de Julien Clerc ou Barbara et sa version alternative de « L’Aigle noir », serait bienvenue… Pourquoi ne pas faire des duos ou, comme ici, une chanson interprétée dans son intégralité mais avec plusieurs voix ?

Ou bien encore ici, un medley des chansons de Céline Dion par d’autres chanteuses (Véronique Sanson, Patricia Kaas, Vanessa Paradis, Édith Piaf) :

Mais bien sûr, je chipote, car j’aurais aimé entendre Amy Winehouse, Isabelle Boulay, Barbra Streisand, Pink ou Rihanna plutôt que Katy Perry, Mistinguett ou Zizi Jeanmaire. La vérité, c’est surtout que je serais bien restée une heure ou deux de plus, que j’aurais même carrément pu l’écouter chanter toute la nuit. Tout est d’une telle justesse qu’il faudrait vraiment haïr la pop pour ne pas aimer ce spectacle (dont le rappel « girl power » m’a enchantée). Et puis Véronic DiCaire est tellement sympathique avec son accent : son plaisir d’être sur scène se ressent jusqu’aux derniers rangs de la salle. Même de loin, je la trouvais attachante.

Cette soirée était un cadeau d’anniversaire surprise de deux de mes amis (je suis pourtant née en janvier, mais ils attendaient un truc qui me plairait). Quel bon et beau choix ! Je suis ressortie ravie, bluffée, sous le charme, totalement « tombée en amour ». Remplie de toute cette musique live qui m’a fait retrouver avec tendresse de vieilles copines de jeunesse que j’avais un peu dédaignées.

Sur ce, je vous laisse découvrir les multiples talents de Véronic (que je retournerai voir avec joie), pendant que je vais me faire l’intégrale de Lara.

Pour en savoir plus :

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Céline

Co-fondatrice du blog, webmaster.

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