“Phase IV” : petit bijou de la science-fiction

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Piocher un film dans la production cinématographique mondiale n’est pas une mince affaire. Alors, on pose quelques critères : années 60, suspense, Asie… ce soir-là, j’avais juste dit “science-fiction” et “bizarre”, et j’ai eu droit à une pépite, Phase IV, connue sans doute des seuls super-geeks de la SF, mais qui doit impérativement être dépoussiérée !

Phase IV, c’est le seul et unique long-métrage de Saul Bass, un graphiste américain surtout connu pour ses génériques et ses affiches de films. De Otto Preminger à Billy Wilder, d’Alfred Hitchcock à Stanley Kubrick, les réalisateurs qui ont ponctué le 20ème siècle ont fait appel à son talent pour plus d’une cinquantaine de génériques.

C’est en 1974 que sort ce film unique et surprenant, qui met en scène deux chercheurs interpelés par le comportement récent de fourmis de différents types qui, pour mieux lutter contre des prédateurs, semblent communiquer, dialoguer, se concerter et agir ensemble.

Ernest Hubbs et James Lesko s’installent dans une station en Arizona et demandent aux paysans d’évacuer la région. L’objectif de Hubbs : détruire les fourmis devenues dangereuses pour l’homme.

Des images puissantes, des couleurs saturées, un travail exceptionnel et fascinant sur les “corps” des fourmis… et une tension qui s’installe dans le silence et l’isolement de cette zone désertique, qui voit se jouer un affrontement inouï.

C’est un film court, intense, tendu, loin, bien loin de la science-fiction bruyante et déchaînée. Saul Bass a côtoyé les ténors de son époque, on le voit et aime ça. On regrette un peu de n’avoir que celui-là, on le chérit un peu, du coup.

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?