5 décembre 2022
Redcar au Cirque d'Hiver, 9 novembre 2022 © Hermine

Redcar : « Les adorables étoiles » brillent fort après le Cirque d’Hiver

Mercredi 9 novembre, la magie a opéré. Par un hasard qui ressemblait fort à un signe, j’ai eu la chance d’aller voir, en dernière minute, Redcar au Cirque d’Hiver. Un moment émouvant dont le charme intense se prolonge encore longtemps après.

Redcar, c’est le nom qu’incarne actuellement Chris(tine and the Queens) et, malgré son premier abord un peu froid, il est en fait bien le contraire, car il fait référence aux jouets de l’enfance et au lien avec sa mère disparue. Avec ce nouveau pseudonyme, Redcar souhaite qu’on parle désormais de lui au masculin.

J’aime sa musique depuis ses débuts et sa personnalité m’a toujours touchée. Je sais qu’il a vécu des moments personnels difficiles et les articles qui lui sont consacrés montrent par ailleurs qu’il a fort à faire, notamment sur les réseaux sociaux, pour contribuer à libérer les thèmes de l’identité et du genre. Il se trouve aussi que je vis, comme lui, le chagrin d’un deuil. C’était donc important pour moi d’être à ce concert, avec beaucoup de joie et aussi avec le modeste espoir de lui apporter du soutien par ma présence.

« Pop music is dead, long live theatre. »

Sur la piste ronde du Cirque d’Hiver se déploient ses multiples talents de chanteur, de danseur et d’interprète. Il s’agit ainsi d’un spectacle basé sur son nouvel album, Redcar Les adorables étoiles (prologue) – sorti le 11 novembre, et pas seulement d’un concert. Cela se retrouve dans le livret de l’album conçu comme un livret de théâtre avec personnages (Redcar, les étoiles, le chevalier…) et didascalies inclus. Avec cette particularité que Redcar chante et interprète tous les rôles. 

Les chansons en français et en anglais sont belles, puissantes (« Looking for love ») ou addictivement lancinantes (« rien dire », « Combien de temps »), malicieuses à certains moments (« Angelus »). Redcar est un grand amoureux, romantique et sensible, aux mots poétiques empruntés à l’amour courtois et à la chevalerie (« ma bien aimée », « j’ai juré le genou à terre »…). Mais, loin de n’être qu’un ange, il affiche aussi son côté « canaille » (« tu marches vraiment très chaloupé »).

On se laisse emporter par sa voix qui peut tout faire, entre groove et aigus angéliques (« Mémoire des ailes ») et toujours avec la même intensité. Redcar danse et évolue avec force et élégance dans l’espace du Cirque d’Hiver et va, le temps d’une chanson, au plus près de certains rangs du public.

Ce concert théâtral, textes au premier plan, est extrêmement poétique et très profond, fruit des « couches » qui composent notre artiste.

Conversation avec les étoiles

Car il parle aussi et beaucoup des êtres disparus et donc du ciel, des anges, de l’éternité, de l’amour céleste qui est grand, consolant et qu’il espère. Pour cela il converse une bonne partie du spectacle avec une grande lune en métal bleu. Tandis qu’elle est au-dessus de lui, il lui confie ses réflexions et ses questions sur la vie et la mort. Lorsqu’elle descend jusqu’à lui, il s’y assied. Que de grâce dans cette posture et dans la vision longiligne de l’artiste et de la lune !

Photo du Facebook de Redcar / Christine and the Queens © @lou_bet

Redcar, seul en scène, est entouré d’objets religieux et de symboles, parmi lesquels une grande statue rouge de l’archange Michel. À chaque scène et à chaque chanson ses objets. Les changements de tenues sont également multiples, de la robe blanche de la première chanson aux chemises et costumes élégants des scènes suivantes. Il passe une grande partie du spectacle torse nu, ne masquant que la pointe des seins. C’est, au choix, l’homme qu’il est, peut-être l’expression de son détachement des convenances, ou une attitude de danseur contemporain… c’est aussi et surtout un don de soi en se dévoilant au public de manière très naturelle.

Je me reconnais dans la sensibilité qu’il affiche et particulièrement dans son positionnement actuel entre ici-bas et « là-haut », avec ce besoin de poursuivre la conversation et le partage d’amour avec sa maman, malgré la séparation physique. Ce qu’il réalise est aussi une incitation à faire quelque chose de beau de la tristesse, surtout quand nos mères ont été si inspirantes et aimantes pour nous.

Dans ce très beau spectacle, Redcar rassemble et dévoile ses quêtes personnelles et donne comme clés universelles l’amour et la spiritualité. Afficher ainsi sa foi est audacieux ; au final, il en fait un message d’amour et de partage « cool » et nécessaire. Merci Redcar pour l’énergie et la joie que je ressens depuis. Nous étions nombreux, prêts à le suivre ce soir-là, et je me réjouis, car il paraît que ce n’est que le début…

I’m looking for love in a meaningful way so I never let go…

Redcar, « Looking for love »

Après les deux dates à Paris les 9 et 10 novembre, le 3e concert se déroulera à Londres le 22 novembre.

Pour en savoir plus :

Hermine

La musique a toujours été dans ma vie. Mes préférences en classique sont pour Malher, Rachmaninov, Fauré et je pourrais écouter en boucle "la Veuve Joyeuse", opérette de Franz Léhar. Fan "historique" de Julien Clerc, j'aime aussi Étienne Daho (à écouter en concert), les Rita Misouko, Maurane, Texas et Lenny Kravitz. Dans les plus récents, je citerais Clara Luciani, Pomme, la si délicate, et le talentueux Redcar (Christine and the Queens). On me retrouve aussi dans les musées à Paris et en voyage. J'admire les paysages de bord de mer et la lumière des tableaux du peintre espagnol Joaquin Sorolla, tandis que mon tableau préféré est sans doute "la Pie" de Claude Monet. Des promenades dans Paris aux salles de théâtre, je suis prête à m'émerveiller de la beauté des créations humaines à côté de celles de la nature.

Voir tous les articles de Hermine →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *